Le mot incoterm nous vient de l’anglais : c’est l’abréviation du terme « International Commercial Terms ». En français, cela désigne les règles et les termes appliqués au commerce international.
Les incoterms ont vu le jour en 1936 sur l’initiative de la Chambre de Commerce Internationale (CCI). La CCI a été fondée en 1919, à la fin de la Première guerre mondiale, sous l’impulsion d’hommes d’affaires, de commerçants et d’industriels. L’objectif était alors d’homogénéiser les échanges et les règles du commerce international, en période de repli après la Grande Guerre.
La création des Incoterms a été l’une des premières initiatives de la Chambre de Commerce Internationale. En premier lieu, l’objectif était de mener des études et comprendre les termes et le jargon utilisé par les marchands. En 1936, la première version a été publiée et comptait six incoterms. Les incoterms sont régulièrement révisés et modifiés pour s’adapter à l’univers du commerce international, qui évolue constamment. La dernière révision a eu lieu en 2019, pour définir les nouvelles règles incoterms de 2020.
Les incoterms sont des séries de termes en trois lettres codifiant la répartition des coûts entre les parties prenantes et visant au bon déroulement des livraisons.
Quelle partie prenante prend en charge les droits de douane ? Qui est responsable de l’assurance des marchandises pour l’expédition ? Où le conteneur sera-t-il déchargé ? Qui paie le transport ? Les enjeux sont grands : l’utilisation des incoterms permet d’éviter les litiges. Avant leur création, les interprétations différentes donnaient lieu à de nombreux quiproquos et problèmes de livraison.
Les incoterms fixent les risques, les obligations et les coûts entre parties prenantes dans le cadre d’un contrat de vente. Ces obligations réciproques déterminent :
Les incoterms sont classés en fonction du mode de transport appliqué aux marchandises. D’une part, la « famille » des incoterms pour le transport maritime et les voies navigables. De l’autre, les incoterms multimodaux, pour les modes de transport tels que le transport routier de marchandises (TRM), le transport lourd ou léger de marchandises, et le transport aérien ou ferroviaire. Découvrez ci-dessous la liste exhaustive.
Incoterms pour les moyens de transport multimodaux :
Incoterms pour les transport fluviaux et le transport maritime :
Les incoterms sont non seulement classés par famille en fonction du type de transport, mais également en fonction de leur lettrage : (pas clair, sur quoi s’appuie le classement par lettrage ?)
Afin de suivre l’évolution des pratiques de l’import-export et du commerce international, les Incoterms sont révisés tous les dix ans. Après la version des incoterms 2010, qui ont présenté des changements très importants, les incoterms 2020 n’ont connu que de légers ajustements et sont entrés en vigueur le 2 janvier 2020.
Les changements apportés aux incoterms 2020 avaient pour objectif principal de faciliter la compréhension des termes, pour éviter les litiges liés à des malentendus. D’autres changements comprennent :
Les changements apportés aux incoterms 2010 ont été marqués, entre autres, par les attentats du 11 septembre 2001. En effet, de nouvelles règles visaient à répondre à des exigences plus élevées de sécurité. EXW, l’un des incoterms les plus utilisés, comprend depuis de nouvelles clauses concernant des autorisations de sécurité spécifiques.
Les incoterms 2010 ont également été modifiés en faveur de la digitalisation et de la transformation numérique, favorisant l’avènement de la logistique 4.0. Ainsi, les procédures électroniques ont la même valeur que les dossiers et les communications analogues (sur papier).
Bien que l’utilisation des incoterms ne soit pas obligatoire, environ 90 % des opérations d’import-export s’y réfèrent. Les incoterms sont incontournables dans le commerce international, mais ils n’ont pas vocation à régler tous les problèmes entre parties prenantes.
Il convient de garder à l’esprit que ce sont avant tout des conditions de vente négociables, et non une garantie légale. Leur objectif principal est donc de faciliter les échanges et la communication en définissant un cadre clair. Les informations contenues dans le contrat permettent ainsi de fluidifier les flux et les problèmes logistiques. Le contrat doit toutefois respecter les règles de base, comme la rédaction dans une langue comprises par toutes les parties prenantes et correspondant aux conventions internationales.
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